Le métier de psychologue en ESMS

decouvrir les metiers

Comme l’an passé, je vais laisser la parole à quelques professionnels du secteur sanitaire, social et médico-social afin qu’ils s’expriment sur leur métier. Quelle place au sein d’une équipe pluridisciplinaire ? Quel rôle pour chaque fonction ? Quelle reconnaissance (ressentie) ? Tant de questions auxquelles des collègues, ex-collègues, connaissances ont accepté de répondre.

Le métier de psychologue

L’onisep présente le métier de psychologue ainsi :

Les natures de travail du psychologue

  • Conseiller et accompagner
  • Dans son cabinet ou au sein d’une institution, le psychologue écoute et accompagne des patients en souffrance morale : enfants, adolescents, adultes, handicapés, prisonniers… Son intervention va du simple entretien en vue d’un conseil à un accompagnement plus complexe et au long cours.
  • Aider les professionnels
  • Il est aussi amené à soutenir des professionnels (cadres déprimés, gardiens de prison, personnel soignant, enseignants, pompiers, employés dans le milieu de la banque ou de la finance…) soumis à une certaine pression ou exposés à la violence.
  • Dans la fonction publique territoriale, il accompagne les travailleurs sociaux et le personnel des crèches dans leur travail au quotidien.
  • Dans une entreprise, le psychologue du travail s’occupe du recrutement, de la gestion de carrière, de la mobilité professionnelle, de la formation continue, des bilans de compétences…
  • Prévenir les troubles
  • Il dépiste d’éventuels troubles chez les enfants qui fréquentent les centres de PMI (protection maternelle et infantile) et les crèches. Dans les quartiers difficiles, il lutte contre la marginalisation et participe à l’insertion des publics défavorisés.

Les compétences requises

  • Le goût des autres
  • Le sens de l’écoute et le goût des contacts sont les premières qualités du psychologue.
  • Pour prendre en charge, évaluer et guider les différents publics qu’il est amené à rencontrer, ce professionnel doit aussi posséder un sens aigu de l’observation et de l’analyse.
  • Confronté à la souffrance des autres, le psychologue doit être doté d’un excellent équilibre personnel. Souvent amené à travailler en équipe, il doit être capable de communiquer et de faire circuler l’information entre les différents intervenants (médecins, psychomotriciens, orthophonistes, travailleurs sociaux…).

 

 

L’interview de Marie-Pierre, psychologue

Quelle fonction exerces-tu aujourd’hui ?

Je suis superviseur (sic) sinon psychologue … (ndlr : comme pour toute fonction, des possibilités d’évolution professionnelle et de responsabilités sont envisageables).

Depuis combien de temps ?

J’exerce mon métier de psychologue depuis 12 ans.

Dans quel type de structure as-tu exercé ton métier ?

J’ai exercé la fonction de psychologue en SESSAD (Service d’Education Spécialisé et de Soins à Domicile), MECS (Maison d’Enfants à Caractère Social), Hôpitaux .

Que t’ont apporté ces expériences dans ces structures ?

Elles m’ont toutes apporté au niveau professionnel tant dans ma pratique clinique que dans le travail en équipe. Elles m’ont permis d’asseoir mon identité professionnelle et mon positionnement au sein de la structure. Enfin, je crois que nous sortons avec un diplôme qui nous permet de commencer mais qui nous forme peu à la réalité de terrain… je suis devenue « psy » grâce à toutes ses expériences très diverses.

Quels sont tes diplômes en lien avec la fonction exercée ?

J’ai DESS psychologie pathologique et clinique, Master recherche pathologie clinique.

Je me suis spécialisée par le biais d’un Diplôme Universitaire (DU) intervention auprès des personne TED.

Quelles sont tes motivations à exercer ce métier ?

Voir grandir et s’épanouir les enfants, la relation thérapeutique, le travail en équipe pluridisciplinaire.

Quelles sont tes missions actuelles ?

  • superviser une équipe de 6 assistants d’éducation dans la mise en oeuvre des programmes d’intervention ABA,
  • évaluer les enfants et concevoir les projets avec les parents et les équipes,
  • évaluer les progrès des enfants,
  • un travail de partenariat et de réseau avec l’éducation nationale, les structures médicaux sociales ou sanitaires, les paramédicaux en libérale,
  • vérifier des emplois du temps des collègues (clin d’oeil)

Quels sont les inconvénients liés à ce métier ?

Les inconvénients sont la routine, faire des tâches pour lesquelles on a aucune motivation et surtout pour lesquelles nous ne sommes pas formés ( organisation des planning, vérification des vacances..).

Penses-tu que ton métier soit connu ? reconnu ? Pourquoi ?

Le psychologue est connu mais sa fonction réelle est souvent fantasmée... mais la fonction de superviseur ABA est plutôt inconnue, il est nécessaire de l’expliquer à tous les partenaires parents et réseaux.

De plus si la reconnaissance passe par le salaire, euh ça ne suit pas … (ndlr : le salaire indiciaire en CCNT 66 est de 3 000 € brut en début de carrière).

Enfin, le métier a plein de détracteurs notamment dans la psychiatrie.

Si tu le pouvais, changerais-tu de métier ? Pourquoi ?

Oui… je crois que je m’éloigne de plus en plus des aspects thérapeutiques et humains qui m’ont fait choisir le métier de psychologue. Bref, pas un changement total de métier (quoique) mais une pratique plus centrée vers la clinique.

Quels sont les liens entretenus avec les membres de l’équipe pluridisciplinaire ? (hiérarchique, décisionnaire, communication…) ?

La réponse est complexe. L’organisation actuelle que je connais ne permet pas une synergie efficace avec les professionnels paramédicaux ; ils n’ont pas de réelle place dans les projets. Le médecin chef plane dans de hautes sphères, complètement déconnecté de la réalité des familles et du terrain éducatif, il est souvent imbu de sa personne.

De plus, de nombreux problèmes administratifs (ndlr : problèmatiques RH) se surajoutent : les professionnels ont été embauchés par 6 structures différentes certain en en convention hospitalière, d’autre en CCNT51, d’autre en CCNT66,  d’autres de « droit commun ».  De ce fait, il y a une grande disparité de statuts et de salaires entre des professionnels qui occupent une même fonction.

Un autre exemple, les vacances (rtt inclus) vont de 5 semaines à 9 semaines selon la convention. De ces faits, le climat social est explosif.

Pour le lien avec les paramédicaux il n’y a pas de prescriptions médicales à ce jour, ce sont les superviseurs qui décident entre eux des priorités pour les bilans ( vive le chocolat pour nous mettre d’accord).

La communication est là aussi peu organisée. Par exemple, il n’y a pas de tableau pour diffuser les informations entre nous, ni de circuit réellement formaliseé de l’info (à titre d’exemple jusqu’à ce jour, il n’y a pas de documents communs entre les professionnels pour les bilans diagnostiques).

Enfin, les superviseurs ne sont pas sensés avoir un lien hiérarchique avec leur équipe juste une supervision clinique: sauf que c’est nous qui décidons des congés de nos assistants.

Si tu devais me citer une qualité liée au travail en ESMS, laquelle serait-elle ? Pourquoi ?

L’avantage de travailler en ESMS c’est que tous Ces établissements sont soumis à la loi de janvier 2002 : l’usager au centre du dispositif de soin et l’obligation de sa participation ou celle de son représentant légal à chaque étape de son projets d’accompagnement.

L’obligation pour les professionnels d’être dans une exigence de qualité des soins et des suivis éducatifs.

écriture

Je tiens sincèrement à remercier Marie-Pierre pour son approche sincère et franche, d’un grand professionnalisme 🙂

 

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