L’inclusion

L’APF (Association des Paralysés de France) a eu l’excellente idée de créer « les états régionaux de l’inclusion » qui auront lieu, en Picardie, du 28 mai au 1er juin 2013.
 
Pendant cinq ans, les équipes régionales de l’APF et les partenaires associatifs réuniront les acteurs politiques, économiques et de la société civile autour des enjeux suivants : éducation, emploi, accès à la vie de la cité, solidarité et vieillissement. Ces rencontres permettront de faire un état des lieux de la progression de l’inclusion dans chaque région et ainsi de définir des objectifs pour les années suivantes.
 
Proxinews.com vous communique les actions de sensibilisation mises en place, en Picardie, en cette année 2013.
 
Je profite de cette actualité pour revenir sur deux exemples vécus et vous les faire partager.


Les personnes âgées 

Je me rends à l’hôpital pour visiter ma grand-mère. Là, quelle n’est pas ma surprise d’observer certaines pratiques. Les réponses à mon questionnement sont que les personnels soignants n’ont pas le temps, qu’il y a un risque (oui, le risque 0 n’existe pas) et blablabla, blablabla… Afin de ne pas choquer, je tiens à préciser que
  • ce qui se passe dans un établissement ne se reproduit pas toujours dans un autre,
  • ce que pratique tel salarié n’est pas obligatoirement pratiqué par un autre salarié,
  • je ne juge pas mais j’observe (et je tente de réfléchir !)
 
La qualité de la prise en charge des usagers/patients est-elle illusoire ? Je suis convaincue que non. 
 
Pourquoi donner de l’eau gélifiée quand la personne peut encore boire ? 
 
Pourquoi mettre des couches à une personne qui n’est pas incontinente ? 
 
A quel moment « attacher » ces personnes âgées (c’est à dire à quel moment on estime qu’elle se met en danger) ?
 
Au bout de combien d’appels de la personne, le personnel soignant se déplace-t’il ?

Pourquoi la toilette est-elle effectuée aux yeux de la voisine de chambre ?
 

Pourquoi les visiteurs sont-ils pris « de haut » quand ils font une demande simple (comme s’ils étaient ignares en la matière) ?

Autant de questions qui attirent l’attention sur l’autonomie ou la dépendance. 

Maintenir l’autonomie chez les personnes âgées ou handicapées est essentielle et ces pratiques ne sont pas favorables à l’intégration sociale. Conserver une bonne estime de soi, garder une image positive, avoir le contrôle sur sa vie et combattre l’isolement sont les clefs pour optimiser l’autonomie des personnes âgées. 



Les personnes handicapées

Je vais prendre l’exemple des DYS : dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie, dysphasie, troubles de l’attention, surdouance.

Quand vous croisez une personne en situation de DYS, au premier abord, vous ne remarquez pas son handicap car il est difficilement décelable. C’est une bonne chose sauf que parfois, les situations prennent des allures de drame.

Prenez cet enfant accompagné lors d’une sortie à la piscine :

  • la maîtresse lui demande trois fois de mettre son manteau avant de prendre le bus
  • l’enfant a failli traverser la route seul quand il a vu l’arrêt de bus
  • à la piscine, on lui donne plusieurs consignes et il n’arrive pas à les hiérarchiser (se déshabiller, mettre son maillot de bain, ranger ses affaires dans le casier, prendre sa douche, se mettre en rang…) et donc, il attend
  • lors de la séance piscine, il y a du bruit et il court partout
  • après la séance, il coupe la parole à tout le monde et il finit par être rejeté par tous les autres enfants
En rentrant de cette séance, il est possible de se dire : quel enfant en manque d’éducation, qui n’obéit pas, qui se met en danger ! Mais, cet enfant est différent car il souffre d’un TDAH avec hyperactivité et impulsivité.
 
L’intégration veut qu’on accueille cet enfant à l’école mais l’inclusion veut que l’école s’adapte à cet enfant.
 
Voici quelques pistes d’inclusion pour cet enfant : 
  • une AVS pour s’occuper exclusivement de cet enfant et lui éviter la mise en danger
  • les consignes sont énoncées une par une et il y a vérification de la réalisation de chaque consigne
  • les comportements positifs sont renforcés en valorisant cet enfant
  • certaines punitions sont inutiles (privation de récréation, lignes d’écritures…)
  • expliquer la différence aux enfants et aux parents
 
J’ai profité de la bonne initiative des APF afin de vous faire réfléchir sur ce que représente l’inclusion pour vous. Etes-vous prêts à engager cette démarche ? Avez-vous déjà pris du recul sur vos pratiques ? Avez-vous un regard tolérant  par rapport aux différences ?
 
Sur ces questions, je vous souhaite une bonne semaine.
 
 
 






 
 
 
 
 
 
 
2 commentaires
  1. Merci Katuscia pour cet article, et pour ce rappel que certaines personnes autour de nous ont véritablement besoin que l’on apprenne à regarder, écouter, mieux comprendre et adapter notre comportement à la situation, et non pas à un moule préconçu par avance.
    Sur l’exemple de l’enfant, j’ajouterai celui de l’enfant précoce à l’école, que peu de personnes encore aujourd’hui savent comment « gérer », et qui confondent un peu trop avec enfant surdoué, sans savoir que la situation et le mal-être de ces enfants sont bien plus complexes qu’une simple question de chiffre et de QI. Et c’est bien là-aussi une forme de « handicap » que l’on ignore trop.
  2. Bonjour Laurence,
    effectivement, la « surdouance » inclut les EIP (élèves intellectuellement précoces) ou l’intelligence atypique.
    Je te remercie d’avoir apporté tes connaissances à cet article et merci pour eux de partager cette empathie pour la différence.
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